Fait divers du 8 janvier 1809

Vol de 9 barres de bois de saule - Rébellion du prévenu !


Voici la transcription du procès-verbal rédigé par le maire de Thouzon et son adjoint :

 

"L'an mil huit cent neuf et le huit janvier à sept heures du matin, en suite d'une lettre de M. le Maire de la commune de Velleron, qui nous donne avis que le jour d'hier on a coupé dans la nuit du six au sept du courant des barres de saule appartenant au sieur Henri Chapellet de sa commune ;  pour découvrir les coupables, nous, maire de cette commune de Thouzon, avons ordonné à M. Martin notre adjoint, de prendre avec lui le garde champêtre et une escorte de la garde nationale pour faire une visite dans les maisons pour pouvoir découvrir le vol, et ensuite nous faire rapport.

 

Ledit jour à onze heures du matin s'est présenté par devant nous, maire dudit Thouzon, et dans la salle de la mairie, s'est présenté M. Martin adjoint, en suite de la commission à lui donnée, nous a dit et rapporté avoir trouvé le vol ci-dessus désigné dans la maison du sieur Joseph Deyglun et qu'ils ont fait porter ici le susdit vol qui consiste en neuf barres de bois de saule, pour servir de corps de délit, qu'ils ont aussi amené avec eux ledit Joseph Deyglun pour être ici même interrogé ;  et qu'ils l'ont mis dans le corps de garde.

Il en est résulté que ledit Deyglun a forcé la garde et s'est échappé. Le garde champêtre accompagné de quatre fusiliers l'ont poursuivi et atteint sa grange. Comme ledit Deyglun est arrivé un instant plus tôt que la garde, il a eu le temps de s'armer d'un fusil et s'est mis sur le seuil de la porte, a couché en joue ladite garde en disant "LE PREMIER QUI S'AVANCE, JE LE BRÛLE" et de suite lâcha son coup, qui ne prit (partit) pas. Le garde champêtre lui sauta dessus et le désarma, alors il le prit au collet, ledit Deyglun sortit un couteau crochu de son sein et coupa le mouchoir dont on le tenait en disant "LE PREMIER QUI S'APPROCHE, JE L'EVENTRE". Malgré cela, ladite garde s'est emparée dudit Deyglun et l'a ramené au corps de garde. Ensuite nous l'avons interrogé, si, en effet, il avait coupé les barres de saule qu'on a trouvées chez lui, il a répondu que OUI------

En foi de quoi, nous avons dressé le présent procès-verbal que nous avons signé avec notre adjoint.

A Thouzon, les mois et jour susdits."

Commentaires : 2
  • #2

    Cotté Jean-Pierre (lundi, 14 mars 2016 09:09)

    Hum ! cela fait cher la stère de Saule à Thouzon ...

  • #1

    Christian Markiewicz (samedi, 12 mars 2016 11:40)

    La vache, ça ne rigole pas au hameau de Thouzon ... même si on ne peut s'empêcher de sourire ...